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6 mai 2019

INTERVIEW - Gilles Eyquem (sélectionneur de la France) : « L’opportunité de découvrir un autre football » 

Deuxième de la première Sud Ladies Cup en 2018, l’équipe de France féminine U19 est de retour pour cette nouvelle édition. Gilles Eyquem, le sélectionneur, compte se servir de cette compétition pour préparer au mieux l’Euro U19 féminin qui se déroulera en Écosse au mois de juillet. Il y voit aussi une chance de se confronter à des nations exotiques telles que Haïti ou le Gabon. Entretien.

Gilles, qu’avez-vous pensé de la première édition de la Sud Ladies Cup que vous avez découverte l’an passé ?

C’était très intéressant. Les conditions dans lesquelles nous avons pu évoluer, que ce soit les terrains d’entraînement ou les terrains de match, étaient bonnes. C’était à une période qui arrivait juste avant la Coupe du monde U20 en Bretagne (où la France a été éliminée en demi-finale, NDLR). Quand on connaît les difficultés dans le football féminin pour trouver des équipes à affronter… La Sud Ladies Cup arrivait au bon moment.

Vous aviez terminé à la seconde place derrière les États-Unis mais devant l’Allemagne. Cette année est peut-être la bonne pour le titre ?

Je ne sais pas. On y va dans l’esprit de préparation. Je me suis privé des Lilloises et des Lyonnaises. Cela représente huit joueuses qui seront absentes par rapport au Tour Élite (qui s’est déroulé du 3 au 9 avril dans le Pays Basque, NDLR). Elles ont des échéances importantes qui arrivent avec leur club : une finale de la Coupe de France pour Lille et une finale de Ligue des Champions pour Lyon. Ça sera l’occasion pour moi de voir de nouvelles joueuses, plus jeunes, et de faire une revue d’effectif. Le résultat, même si c’est toujours important, restera secondaire.

Quel regard portez-vous sur les nations que vous allez affronter ? La France jouera la Corée du Nord (8 mai), Haïti (10 mai), le Gabon (13 mai), le Mexique (15 mai) et le Japon (18 mai).

Elles sont intéressantes. D’une part car ce sont des footballs différents avec Haïti et le Gabon et d’autre part car ce sont des équipes que l’on ne rencontre pas souvent. Cela nous donne l’opportunité de voir ce qui se fait ailleurs, de découvrir un autre football. Les Japonaises, par exemple, sont championnes du monde U20 et pratiquent un football de grande qualité. 

Comment avez-vous procédé pour constituer votre groupe ?

J’ai conservé pratiquement la moitié du groupe qui était présent au Tour Élite. J’ai aussi fait appel à des joueuses que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir cette année et qui ont un peu de temps de jeu en D1 ou en D2. Ça va me permettre d’aller chercher peut-être une ou deux filles qui pourraient venir avec nous cet été pour le championnat d’Europe U19 en Écosse.

Qu’attendez-vous de vos joueuses lors de cette Sud Ladies Cup ?

Qu’elles prennent du plaisir. La plupart d’entre elles sont sur la fin de saison. J’aimerais qu’elles montrent, au niveau de l’état d’esprit, que vivre en groupe n’est pas compliqué. Et qu’elles s’inscrivent dans un projet porté sur le championnat d’Europe U19 en juillet.

Est-ce que vous allez compter sur Amélie Delabre et Maëlle Lakrar, déjà présentes l’année passée, pour mettre votre groupe dans de bonnes conditions ?

Bien sûr. Elles font partie des « cadres » du groupe. Maëlle Lakrar est une joueuse avec beaucoup de talent. Elle pourrait être une leader mais elle a du mal à s’affirmer au niveau du groupe. Amélie Delabre est une joueuse sur laquelle je compte beaucoup. Mais à la manière de Maëlle, elle a du mal à être la joueuse qui va pousser le groupe vers l’avant. C’est un peu la difficulté chez les jeunes filles. Elles n’ont pas encore un caractère pour s’imposer. Elles se reposent beaucoup sur le staff.

Quelle philosophie de jeu voudriez-vous adopter ?

On va essayer de se baser sur un jeu de possession. Même si on a peu de temps pour travailler, on va essayer de tenter d’autres systèmes de jeu. Nous sommes plutôt attachés à un 4-3-3 qui fonctionne bien mais j’aimerais mettre les filles en difficulté sur d’autres possibilités. On dispose de profils qui peuvent nous amener à proposer autre chose. 

Cette Sud Ladies Cup arrive deux mois avant l’Euro en Écosse. Est-ce qu’elle sera décisive dans la constitution de votre groupe final ? 

Oui. Même si j’ai déjà une idée du groupe que je veux constituer, il y a deux voire trois places sur lesquelles je suis encore hésitant.

Propos recueillis par Jordan Bozonnet

Crédits photo : Magali Ruffato

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